Plages du Cap Vert

 

Dépollution des plages du Cap Vert afin de preserver la bio-diversité de l’archipel

 

Malgré son isolement géographique au beau milieu de l’Océan Atlantique et ses eaux poissonneuses, l’archipel du Cap-Vert souffre d’une pollution silencieuse et non moins dramatique en provenance de la mer.

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Debris plastiques charriés par les courants sur l’Ile de Sal

En effet, la conjonction du courant marin des Canaries (qui longe la côte Nord-Africaine avant d’aboutir au courant Nord-Equatorial) et des Alizées projette en permanence sur le littoral oriental de l’archipel des tonnes de déchets plastiques, dont l’immense majorité provient de l’activité de pêche le long des côtes Africaines.

L’Archipel est touché de plein fouet par un flux incessant de débris: déchets jetés a la mer par l’industrie de la pêche, ustensiles (casiers, bidons en plastique, filets de pêche) perdus ou arrachés par les vents et tempêtes.

Les eaux poissonneuses au large de la Mauritanie et du Sénégal sont très prisées et attirent des bateaux de pêche en provenance de multiples régions du globe: Union Européenne, Russie, Islande, Chine.  Le profil des pollueurs est donc multiple.

A cette pollution viennent s’ajouter d’autres facteurs, telle que la réduction de l’habitat de la tortue caouanne (Caretta caretta), en raison du développement touristique, et de la construction de nouveaux hôtels et résidences le long des plages, qui jusque-là servaient de zone de reproduction pour l’animal.


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A Sal, les tortues ont dû au fil du temps fuir certaines zones, désormais exploitées par l’industrie hôtelière, et se concentrer sur un nombre réduit de plages pour la ponte. La plupart des sites résiduels se situent désormais sur la côte orientale de l’Archipel. Ils sont tous affectés par la contamination de déchets marins, qui perturbent considérablement le cycle de reproduction de l’animal. Ces déchets représentent un danger permanent non seulement pour la tortue, mais aussi pour la population animale insulaire, ainsi que toute la faune marine extrêmement riche et variée: selon l’INDP, 19 types de cétacés sont présents dans les eaux capverdiennes dont 13 types de dauphins, et 4 types de baleines (baleines à bosse, cachalots).

Des initiatives sont entreprises localement, comme le ramassage périodique de déchets par l’armée ou des écoles. Mais ces actions sont entreprises à une échelle beaucoup trop modeste pour lutter efficacement contre ce drame écologique.

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Calao s’implique localement à Sal, en proposant un plan de lutte contre la pollution en plusieurs phases :

  1. Mise en place d’une structure de ramassage des déchets marins. Notre première campagne de ramassage commence en Octobre 2015, en collaboration avec l’armée, les autorités locales, et un vaste réseau associatif. Nos actions consistent en un ramassage mensuel de tous les déchets sur plage particulière. Les déchets sont actuellement transportés dans une décharge, mais notre vocation est de mettre en place dès 2016 une structure de recyclage;
  2. Établir un programme de sensibilisation des jeunes de concert avec les autres organisations sur place. Calao a lancé depuis Janvier 2015 un programme éducatif dans une des écoles de Santa Maria (Sal), afin de sensibiliser les populations locales au recyclage.
  3. Etablir un concept durable sur la gestion des déchets solides à Sal, de concert avec les acteurs locaux: ONG, la municipalité de Sal, le ministère de l’environnement, les associations d’hôtels.